

Au cours des derniers mois, nous avons couvert, ici dans Transport Magazine, quelques fourgons commerciaux d'importance, dont le Ford E-Transit et le Mercedes-Benz eSprinter, ainsi que des pick-up particuliers comme le GMC Sierra EV Denali, le Ford F-150 Lightning et le Ram 2500 turbodiesel.
Cette fois, nous vous revenons avec un autre produit Ford. Dans ce cas-ci, toutefois, il s'agit d'un véhicule plus robuste : le F-350 Lariat Crew Cab à roues arrière simples.
Au départ, précisons que la plupart d'entre nous sommes habitués à voir des F-350 à roues arrière doubles ou encore en configuration châssis-cabine avec une carrosserie commerciale, souvent avec une motorisation diesel.
Dans le cas qui nous intéresse ici, ce F-350 fourni par Ford Canada est un véhicule un peu plus polyvalent avec une caisse de pick-up. Alors qu'il pourrait s'adresser surtout à un usage personnel, ce qui est plutôt inhabituel pour un véhicule aussi robuste, ce Ford pourrait facilement avoir une double vocation : véhicule privé et camion commercial.
En d'autres mots, voici une camionnette qui pourrait travailler pour une entreprise, grande ou petite, durant la semaine et servir de véhicule récréatif la fin de semaine!
Toutefois, le grand F que vous voyez dans ce reportage a quelque chose de spécial. Il est mû par le gros V8 à essence de Ford de 7,3 litres, surnommé « Godzilla ».
Pour l'année-modèle 2027, Ford a décidé d'abandonner le V8 de 6,8 litres, qui développe 405 chevaux, pour faire du 7,3 litres le moteur à essence de série de ses Super Duty. Sur le modèle 2026 essayé ici, le 7,3 litres développe 430 chevaux, contre 405 pour le 6,8 litres.
Pourquoi préférer le plus gros moteur? La différence de puissance est relativement faible et, pour plusieurs acheteurs, le 7,3 litres représente une option intéressante compte tenu des capacités recherchées dans ce type de camion.
Mais alors, direz-vous, pourquoi préférer le V8 à essence au plus attrayant V8 Power Stroke de 6,7 litres?
Le prix constitue d'abord un facteur important, le moteur à essence étant nettement moins coûteux que le turbodiesel. Son utilisation est également plus simple puisqu'il ne requiert ni liquide d'échappement diesel (DEF) ni régénération du filtre à particules. Son entretien est aussi généralement moins exigeant.
Oui, le Godzilla consomme davantage de carburant que le Power Stroke diesel, mais le prix à la pompe et le coût initial du véhicule peuvent également entrer dans l'équation pour un acheteur.
Notons d'ailleurs qu'à compter de 2027, Ford abandonnera aussi la version de 475 chevaux du Power Stroke pour ne conserver que la version High Output de 500 chevaux dans les F-250 et F-350.
Le V8 Godzilla est par ailleurs produit dans les installations de Ford à Windsor, en Ontario, où le constructeur a investi afin d'accroître la capacité de production de ce moteur.
Ces motorisations sont jumelées à une boîte automatique à 10 rapports. C'est cet ensemble qui se retrouvait sous le capot de mon F-350 d'essai à quatre roues motrices sur commande.
Avant de passer aux impressions de conduite, jetons un coup d'oeil à l'aspect physique de cette camionnette dont la carrosserie reprend plusieurs éléments stylistiques familiers de la famille F-Series.
À l'intérieur, on retrouve aussi un environnement typiquement Ford. Dans le cas de notre véhicule d'essai, la finition Lariat combinait une présentation soignée à un aménagement qui demeure bien adapté au travail.
Ce F-350 était superbement équipé, notamment avec la climatisation, la radio SiriusXM et une foule d'autres accessoires. Notez le levier de vitesses à la colonne plutôt que sur la console, ce qui permet de dégager davantage d'espaces de rangement. Le vaste tableau de bord propose une instrumentation complète et facile à lire, tandis que plusieurs commandes sont regroupées au volant.
Les sièges avant, facilement accessibles grâce aux marchepieds escamotables automatiques, sont confortables. Il en va de même pour la banquette arrière, qui offre beaucoup d'espace aux passagers.
Les coussins peuvent également être relevés afin de dégager le plancher et de faciliter le transport de grands objets que l'on souhaite protéger des intempéries. Enfin, la lunette arrière de ce F-350 comportait une petite glace coulissante.
La caisse de 6,75 pieds est relativement conventionnelle, mais on y retrouve plusieurs équipements particulièrement utiles pour celui qui compte utiliser le véhicule au travail.
Le hayon arrière, qui peut être ouvert à distance à l'aide de la télécommande, était muni de l'escalier escamotable qui facilite l'accès à la caisse. Sa surface intérieure comportait également une règle intégrée et des ouvre-bouteilles.
Des marches sont aussi aménagées devant les roues arrière ainsi que dans le pare-chocs, encore une fois afin de faciliter l'accès à la caisse.
La capacité de charge varie considérablement selon la configuration du F-350 choisie, les modèles plus luxueux et les cabines doubles offrant évidemment une capacité moindre que certaines versions plus dépouillées à cabine simple.
Outre le choix entre les V8 à essence et turbodiesel pour 2026 et la boîte automatique à 10 rapports, celui que vous voyez ici, un modèle à quatre roues motrices sur commande, était chaussé de pneus General Grabber LT275/70 R18.
Sa configuration permet également l'utilisation d'attaches destinées au remorquage lourd. Si vous regardez la photo de la caisse plus haut, vous remarquerez des « bouchons » dans le plancher. Ceux-ci donnent accès aux points de fixation permettant notamment l'installation d'une sellette ou d'une attache de type « col de cygne ».
On ne conduit pas un tel véhicule comme on conduit une voiture. Il faut tenir compte de son gabarit, de son poids et de son centre de gravité plus élevé.
Toutefois, si l'envie de taquiner l'accélérateur vous titille, sachez que cette imposante camionnette se montre étonnamment vive pour un véhicule de cette taille. Les reprises, à vide, sont elles aussi impressionnantes.
Au volant, la position de conduite est dominante. La visibilité est excellente tout autour, mais il faut constamment garder le gabarit de la camionnette en tête. Si la conduite urbaine est un peu plus délicate en raison de ses dimensions, celle sur autoroute est rassurante grâce à une bonne stabilité directionnelle.
Notons toutefois que, sans charge dans la caisse, la suspension demeure relativement rigide. Les routes endommagées — voire même certaines de nos autoroutes qui auraient besoin d'amour — peuvent faire sautiller le F-350, particulièrement de l'arrière.
Autre avantage du V8 à essence par rapport au diesel : le Godzilla se montre silencieux et exempt des vibrations que l'on associe parfois à une mécanique diesel. Quant à la boîte automatique à 10 rapports, ses changements de vitesse sont pratiquement imperceptibles.
Côté consommation, mes calculs se sont chiffrés à 16,6 L/100 km, principalement sur grand-route. Cette consommation pourrait évidemment être plus élevée lors d'un usage professionnel en milieu urbain.
Si ce Ford F-350 Lariat vous intéresse, sachez que notre véhicule d'essai affichait un prix de base d'environ 92 500 $. Ford y avait ajouté plusieurs options, dont le moteur de 7,3 litres — qui deviendra de série pour l'année-modèle 2027 — ainsi que divers équipements de la finition Lariat.
La facture indiquait un total de 14 755 $ en options, auxquels s'ajoutaient 2 595 $ de transport et de préparation, pour un prix total de 109 899 $ avant taxes.
Je n'ai malheureusement pas eu l'occasion d'attacher une remorque à ce grand pick-up durant ma période d'essai, mais on sait tous qu'il faut redoubler de prudence lorsqu'on utilise un tel véhicule au travail.
Enfin, une question revient souvent : faut-il obligatoirement s'arrêter aux postes de pesée avec un F-350? Si le véhicule est utilisé uniquement à des fins personnelles, la situation n'est évidemment pas la même que lorsqu'il est exploité dans un contexte commercial. Dans ce dernier cas, différentes obligations peuvent s'appliquer selon son utilisation, son immatriculation et son poids. Il appartient donc à l'utilisateur de vérifier les règles qui correspondent à sa situation.
(Photo Éric Descarries)

