Sans surprise, les routes du Québec en pire état que dans le reste du Canada

Le mardi 30 mars dernier, le CAA Québec publiait les résultats de son enquête « Coût des routes en mauvaise état au Canada » et sans grande surprise ce sont les routes au Québec qui seraient dans le pire état au Canada. Selon le rapport, le mauvais état des routes au Québec représente un coût annuel moyen de 258 $ par véhicule alors que la moyenne canadienne est de 126 $ et que pour nos voisins ontariens le coût moyen est de 88 $.

Selon le rapport, le mauvais état des routes coûte à l’ensemble des automobilistes canadiens un total annuel de 3 milliards de dollars, dont 1,4 milliard de dollars au Québec, soit près de la moitié du total canadien. Le réseau routier canadien représente 1.04 million de kilomètres qui relie les collectivités, soutient le commerce et permet les déplacements quotidiens tant pour le travail que les loisirs. Cette somme de 3 milliards de dollars se traduit par des frais additionnels que les automobilistes doivent débourser annuellement à cause de la mauvaise condition des routes.

Le piètre état des routes en Ontario représente des déboursés additionnels de 750 millions de dollars par année pour les automobilistes, ce qui classe la province au second rang derrière le Québec. Avec sa population supérieure à celle du Québec, l’Ontario compte un plus grand nombre d’automobilistes et arrive au septième rang seulement avec sa moyenne annuelle de coûts additionnels de 88 $. Derrière le Québec et son coût additionnel moyen de 258 $, c’est l’Île-du-Prince-Edward qui se classe au second rang avec une moyenne de 164 $ suivie de la Nouvelle-Écosse (137 $), de Terre-Neuve-et-Labrador (125 $) et du Manitoba (102 $).

Le rapport énonce que 15% des routes canadiennes sont en mauvais état ou très mauvais état alors que 28% seraient passables. D’un autre côté, 52% de toutes les routes sont jugées comme étant en bon ou très bon état. En tout et partout, le Canada compterait 108 000 kilomètres de routes en mauvais état et 48 000 kilomètres en très mauvais état. Le Canada compte au total 145 524 km d’autoroutes dont 51 087 en zone urbaine et 94 437 en zone rurale. Le grand total de 897 993 km d’autres voies comprend 113 395 km d’artères principales, 161 233 km d’échangeurs et 623 365 km de routes locales.

C’est une moyenne annuelle de 17 000 kilomètres que parcourent les quelques 23,5 millions de véhicules de promenade circulant au Canada (16 685 km au Québec). Les coûts sont plus onéreux au Québec en partie à cause du fait que le parc auto québécois compte plus de berlines alors que dans biens des provinces canadiennes les camionnettes et les VUS ont la cote. La Nouvelle-Écosse mène le bal avec 77% des kilomètres d’autoroutes dont l’état a été jugé inférieur, et le Québec arrive bon second avec 53% suivi de proche par le Manitoba à 49% alors que l’Ontario n’apparaît qu’au huitième rang avec 29%, bien en deçà de la moyenne canadienne de 40%.

Le rapport du CAA ne fait que prouver ce que la grande majorité des utilisateurs des routes au Québec affirment depuis longtemps, que les routes québécoises sont en piètre état. Sachant que plus du quart de l’infrastructure autoroutière canadienne date de plus de 50 ans, il faut que les gouvernements investissent massivement pour la réfection et l’entretien des routes avant de devoir entreprendre des travaux de reconstruction coûteux. Des analyses démontrent qu’investir un dollar dans la préservation de la chaussée permet d’éviter ou de retarder des dépenses de 6$ à 10$ sur d’éventuelles réparations onéreuses. L’automobiliste n’a pas besoin de ce coût additionnel de 258$ par an et il serait opportun de prendre des mesures pour réduire cette facture.

Par Guy Hébert, journaliste

Lire l’édition avril/mai 2021

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