Entretien et réparation de véhicules lourds – La confusion règne autour de la notion d’essentiel

Alors que les mesures de fermeture obligatoire d’entreprises jugées non-essentielles entre en vigueur, la définition de ce qui est considéré comme essentiel entraine une grande confusion dans bien des domaines, notamment dans celui de l’entretien mécanique des véhicules lourds. Qui est essentiel? Qui doit juger de ce qui est essentiel ou non? Le transporteur? L’atelier d’entretien et réparation? Autant de questions laissées pour l’instant en suspens.

Certains centres d’entretien et réparation de véhicules lourds nous ont confié sous le couvert de l’anonymat que la gestion de ce qui est ou non essentiel constitue un casse-tête. À qui se fier? Où tracer la ligne?

À l’Association du camionnage du Québec, Marc Cadieux y va d’une règle simple.

« Il faut utiliser le gros bon sens. Le raisonnement reste de garder fonctionnelle la chaine de l’alimentation, de la santé. Tout ce qui peut mettre un grain de sable dans l’engrenage et interrompre cette chaine doit être géré. »

Dans un communiqué émis le 24 mars, le Comité paritaire de l’industrie des services automobiles opte pour une interprétation à la lettre de la liste des services et activités prioritaires.

« Le CPA Québec comprend que des entreprises assujetties peuvent demeurer ouvertes. Ainsi, il est indiqué que « les stations-service et les ateliers de réparation de mécanique des véhicules pour les industries considérées essentielles » peuvent être ouverts ainsi que les services d’assistance routière. Les travaux de mécanique doivent être limités aux véhicules des services considérés essentiels (exemple : taxis, camions d’une entreprise liée à un service essentiel, véhicule d’une personne travaillant dans un service essentiel). »

La liste émise par Québec indique en effet que sont jugées prioritaires, et donc autorisées à poursuivre leurs opérations, les « Stations-service et réparations mécaniques de véhicules automobiles, firmes de dépanneuses, camions et équipements spécialisés pour les industries considérées essentielles et assistance routière. »

Comme nous l’avons souligné dans un article précédent, la liste québécoise porte à confusion, car prise à la lettre, si on applique la condition « industries considérées essentielles » à l’ensemble des points précédents, les stations-services et dépanneuses devraient limiter leurs services aux véhicules d’industries considérées comme essentielles. Ce qui n’était certes pas l’intention du gouvernement. Le gros bon sens nous amène plutôt à croire que ce caractère essentiel ne s’applique qu’aux camions et équipements spécialisés. Mais cette confusion reste présente, aucune clarification n’ayant été apportée par le MTQ ou la SAAQ. De son côté, la liste ontarienne est très claire sur cette question, tous les services d’entretien et de réparation de véhicules lourds et d’automobiles peuvent rester ouverts et desservir l’ensemble des véhicules.

Au ministère de l’Économie et de l’Innovation, le service de relations avec les médias nous répond ce qui suit :

« Les ateliers de réparation mécanique de véhicules automobiles font partie des services et activités jugés prioritaires. En fait, ce ne sont pas des mesures coercitives. Les entreprises doivent prendre des décisions pour limiter au maximum les regroupements et les contacts. Donc, réduire leurs opérations au minimum et répondre aux demandes qu’elles jugent essentielles et prioritaires. »

Au moment d’écrire ces lignes, les réseaux de centres d’entretien comme TruckPro ou MekPro étudiaient la situation, avant d’émettre des directives plus précises à leurs membres. Chez TruckPro, on nous confirme que les ateliers sont ouverts. Les centres de pièces sont eux aussi ouverts, avec toutefois des directives claires pour réduire les risques de transmission du virus, tant en magasin qu’à la livraison.

Chez certains concessionnaires de camions, ayant aussi demandé l’anonymat, la règle appliquée est que l’entretien et les réparations continuent d’être offerts pour ensemble des tracteurs et camions de livraison, qui peuvent évidemment servir au transport de marchandises essentielles. Pour les camions à benne, la question se pose, même si ces camions peuvent aussi être jugés essentiels selon la situation. Le tout est laissé au bon jugement de l’équipe en place, mais sans aucune investigation approfondie sur le caractère essentiel ou non d’un camion.

Inspections obligatoires – report d’un mois

Par ailleurs, là où les autorités ont été très claires, c’est en ce qui a trait aux inspections obligatoires des véhicules lourds. En effet, un communiqué de la SAAQ émis le 20 mars indique clairement que l’un délai d’un mois a été octroyé pour effectuer la vérification mécanique périodique chez l’un des mandataires en vérification de véhicule routier. Les vérifications mécaniques ponctuelles pour les nouveaux véhicules jugés nécessaires à la réalisation d’un travail désigné comme un service essentiel, ainsi que les vérifications d’urgence demandées par un agent de la paix, peuvent être effectuées, sur rendez-vous auprès des mandataires.

Par Claude Boucher

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