Les effets durables de la pandémie

La pandémie de COVID-19 a profondément affecté tout le Québec, d’abord par ses quelques 53 000 personnes infectées et plus de 5000 décès. Mais également en bousculant nos industries, nos importations, nos déplacements, en fait l’ensemble de nos habitudes de vie. Cette crise joue le rôle d’une loupe de ce qui a de l’importance; ce que l’on fait bien, mais également ce qui devrait être durablement amélioré.

Les bons côtés

La pandémie a prouvé que les Québécois sont capables de s’entraider, de faire des sacrifices pour le bien de la majorité. De nombreux travailleurs sont dorénavant considérés comme essentiels, alors qu’ils ne récoltaient que peu de respect il y a quelques mois à peine, par exemple les camionneurs et les commis de commerces de base. Pour ceux qui sillonnent le territoire, l’absence de trafic et la diminution des accidents font comprendre à quel point le nombre élevé de véhicules en circulation nuit à tous. Des milliers de Québécois se sont convertis au télétravail et ont pris goût à ses avantages. Enfin, il est étonnant de constater la souplesse des gens et des entrepreneurs à adopter de nouvelles façons de faire, par exemple le commerce électronique. À cet égard, chapeau à l’équipe de l’ACQ qui a produit des dizaines de communiqués traitant des modifications apportées à l’industrie du transport depuis le début du confinement.

Ne surtout pas gaspiller cette crise

La pandémie a fragilisé notre société. Par obligation morale pour ceux qui ont souffert, nous devons l’améliorer, la rendre plus résiliente. Des actions concrètes ont été prises, par exemple de produire ici davantage de masques de protection grâce à une subvention versée à l’entreprise Medicom, qui construit une usine à Saint-Laurent. Ceci permettra de moins dépendre d’importations, dont on s’interroge parfois sur la qualité, en plus de créer davantage d’emplois.

D’autres efforts sont faits pour nous sensibiliser à l’achat local. On peut s’inspirer du Panier bleu ou encore du Manger notre Saint-Laurent. Toutes nos industries peuvent faire de même en privilégiant des fournisseurs locaux, et ce même si le prix semble d’abord supérieur. Mais si l’on prend en considération la proximité du service, la disponibilité et les délais, l’achat local prend tout son sens.

De grandes décisions se prennent actuellement, entre autres des multinationales s’interrogent sur la pertinence de conserver leurs édifices, actuellement désertés. Des états lient leur aide aux entreprises en fonction de leur respect des règles fiscales et des considérations éthiques. Le concept du revenu minimum garanti, qui s’apparente à la Prestation canadienne d’urgence, convainc de plus en plus de son efficacité pour stimuler localement l’économie. Enfin, le chef de l’opposition de la ville de Québec remet en question de grands projets tels que le tramway et le troisième lien. Vraiment c’est à nous de transformer cette crise en opportunité.

Par Frédéric Laporte, journaliste

Lire l’édition mai/juin 2020

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