53e Congrès de l’APMLQ – Des entreprises spécialisées en quête d’une meilleure valorisation

L’Association des propriétaires de machinerie lourde du Québec (APMLQ) a profité de son 53e Congrès annuel, les 12 et 13 avril derniers, qui s’est tenu au Centre des congrès de Saint-Hyacinthe, pour réitérer son engagement à travailler afin de valoriser davantage le travail des entreprises en construction, en déneigement, en excavation, en transport et en terrassement, de même que des propriétaires de grues et de pompes à béton ainsi que des entrepreneurs en forage.

Pour la nouvelle directrice générale de l’APMLQ et ses associations affiliées, Annie Roy, fraîchement arrivée en poste le 18 mars dernier en remplacement de son directeur sortant, Yvan Grenier, le travail s’annonce pour le moins colossal.

En entrevue accordée à Transport Magazine & L’Écho du transport en marge du congrès, Mme Roy a entre autres soutenu que le dossier de la valorisation du métier de déneigeur demeure une priorité de tous les instants pour l’organisation. Les hivers rudes qu’a connus le Québec au cours des dernières années ont rappelé l’importance et l’urgence de redorer l’image et la réputation de plusieurs corps de métiers spécialisés, notamment celui des déneigeurs.

Une perception à changer

« C’est avant tout une question de sécurité du public. C’est nécessaire pour l’APMLQ de travailler à changer cette image, cette perception, et les gens le réalisent plus souvent après une saison comme celle que nous venons tout juste de vivre, a avancé Annie Roy. Les changements climatiques, il faudra les gérer de mieux en mieux et les déneigeurs font certainement partie de la solution. Pour nous, c’est non-négligeable, cela vient du fait qu’il existe une méconnaissance du grand public par rapport à ce métier et nous travaillons actuellement conjointement avec le MTQ afin de le valoriser davantage. »

Annie Roy, présidente APMLQ

Les chiffres démontrent à eux seuls toute l’importance de la formation, surtout pour les déneigeurs. En effet, selon les chiffres dévoilés par la Société d’assurance-automobile du Québec (SAAQ), et rendus publics par le quotidien Le Devoir en mars dernier, le nombre d’accidents qui ont impliqué des camions de déneigement a continué d’augmenter année après année au Québec. Pas moins de 776 incidents ont été répertoriés sur l’ensemble du territoire québécois l’hiver dernier, soit le bilan le plus sombre enregistré depuis celui de 2010. Ces accidents se sont malheureusement soldés par trois morts et 89 blessés.

« Il est aussi à spécifier que dans plus de 70% de ces cas d’accident, la responsabilité incombe aux usagers les plus vulnérables tels que les piétons, les vélos, notamment dans les centres urbains, ainsi que les voitures. La méconnaissance du travail à faire et le manque de recul par rapport aux équipements est donc au centre des causes d’accident », a tenu à préciser Annie Roy.
Bien que ces chiffres traduisent une triste réalité au Québec, la directrice de l’APMLQ refuse de jouer à l’autruche. Au contraire, elle entend avant tout maintenir le cap sur les objectifs que s’est fixée l’Association afin de changer la donne dans un avenir rapproché.

« Le déneigement nous interpelle parce que la difficulté de recruter est présente dans ce secteur d’activités, surtout pour les déneigeurs, et parce que ce sont des métiers très peu reconnus. Cela a donc pour conséquence qu’il devient difficile d’attirer et de recruter du personnel qui soit intéressé et intéressant. Il nous faut séduire les jeunes, les recruter, les former pour conserver des entreprises en bonne santé permettant ainsi de maintenir une certaine compétitivité dans le marché », a indiqué Annie Roy.

Une nouvelle recrue

Au-delà des dossiers qui préoccupent présentement l’industrie de la machinerie lourde au Québec, la nouvelle directrice croit avoir de grands souliers à chausser en remplacement du directeur sortant. Ingénieure civile de formation à l’Université Laval, elle a complété une maîtrise en technologie du béton.

À la sortie de ses études, elle travaille pour Demix Béton/Agrégats Holcim pendant une douzaine d’années et, ensuite, pour le groupe Ciment Québec, à Québec, pendant plus de 10 ans. Pourquoi avoir décidé de faire le choix de l’APMLQ?

« Au-delà de l’expérience-terrain de mes anciens emplois, le côté associatif m’a toujours grandement intéressée. J’ai d’ailleurs été membre active de l’Association Béton Québec (ABQ), à titre de présidente du comité de santé et de sécurité durant deux ans, et c’est en regardant les gens de la permanence que je me suis dit que c’est le genre d’emploi qui pourrait m’intéresser. J’aime le monde. Je pense que c’est important, car pour bien faire leur travail, il faut être capable de se mettre dans leur peau. Cela nous permet ainsi de mieux les représenter et les défendre dans les dossiers pour lesquels ils ont parfois besoin de support », a avoué Mme Roy.

Remplacer M. Grenier, qui a œuvré pendant plus de 20 ans au sein de l’APMLQ, ne sera guère facile, mais Mme Roy entrevoit néanmoins l’avenir avec optimisme. Mentionnons aussi que l’organisation a dépassé le cap des 500 membres dans les dernières semaines.

« M. Grenier connaît tout le monde et tout le monde le connaît. La formation demeure un élément clé sur lequel nous allons vouloir miser. Il y a aussi un travail de concertation avec d’autres associations déjà existantes qu’il faut maintenir et développer davantage, à certains égards », a ajouté la directrice.

Afin d’assurer la pérennité de l’association et ses affiliées, ses principaux mandats seront ainsi de continuer d’assurer les services aux membres, la représentation et le maintien des relations avec les différentes instances, notamment dans la défense des intérêts de ceux-ci auprès des autorités et des donneurs d’ouvrage.

La mise à jour de la vision et du Plan stratégique de l’organisation apportera une nouvelle dynamique dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, qui permettra du coup à l’association de maintenir, d’accroître sa visibilité et ainsi, de stimuler le développement des affaires au bénéfice de ses membres.

Une première au congrès

La tenue du 53e Congrès a donc été son baptême dans ses nouvelles fonctions. Il faut dire que son arrivée dans la grande famille de la machinerie lourde s’est faite de belle façon dans un contexte de grande première pour l’APMLQ. C’était en effet le premier congrès où on y retrouvait des équipements sur le terrain.

« Nos membres nous ont dit avoir apprécié cette initiative, a mentionné Annie Roy. C’est également une idée que nous souhaitons pouvoir répéter à tous les deux ans en fonction de la disponibilité des lieux et, évidemment, des équipements de nos membres. C’était d’ailleurs un élément qui était demandé par nos membres, qui réclamaient plus de concret lors de la tenue de nos congrès. »

L’idée a fait tellement de chemin au cours de ces deux jours du côté de Saint-Hyacinthe que l’organisation fait déjà le plein d’idées en vue du congrès de l’année prochaine, qui se tiendra à Trois-Rivières. L’APMLQ est à regarder pour des formations particulièrement adaptées et tentera dans ces activités futures de conserver le lien étroit avec la présence de machinerie.

« Nous sommes très conscients de la complexité d’organiser de telles activités, mais nous sommes certainement à regarder leur faisabilité pour répondre davantage aux besoins de nos membres », a conclu Annie Roy.

Rappelons que le rôle de l’APMLQ et de ses associations affiliées est d’assurer un support à ses membres, en passant par des services-conseils spécialisés, des programmes d’achats des plus avantageux et un éventail de produits et de services adaptés à leurs besoins.

Par Alexandre Lampron

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